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La nuit du chasseur - 1955, Charles Laughton

 

 

 

La Nuit du chasseur (The Night of the Hunter) est un long métrage américain en noir en blanc réalisé par Charles Laughton en 1955. C’est d’ailleurs son unique réalisation. Il est tiré du roman homonyme La Nuit du chasseur de Davis Grubb publié en 1953 et qui s'inspire de Harry Powers, un tueur en série qui a sévi dans la ville où vivait Grubb. En 1992, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès aux Etats Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». La bande originale est signée Walter Schuman, l’image signée Stanley Cortez et le montage signé Robert Golden.

En ce qui concerne l’interprétation, Robert Mitchum est Harry Powell, Lillian Gish est Rachel Cooper, Shelley Winters est Willa Harper, Billy Chaplin est John Harper et Sally Jane Bruce est Pearl Harper.

Ohio, dans les années 1930. Un prêcheur inquiétant nommé Harry Powell, poursuit dans l'Amérique rurale deux enfants dont le père vient d'être condamné pour vol et meurtre. Avant son incarcération, le père leur avait confié dix mille dollars, dont ils ne doivent révéler l'existence à personne. Pourchassés sans pitié par ce pasteur psychopathe et abandonnés à eux-mêmes, les enfants se lancent sur les routes.

 

Le film s'ouvre avec un plan large sur le ciel en pleine nuit ou l’on voit Miss Cooper entourée d’enfants-étoiles. Ce qui nous emmène directement dans un point de vue religieux et cosmique à la fois.

C'est donc à travers le personnage d'Harry Powell qu'avec, d’un coté, la haine sur les doigts de sa main gauche et de l’autre, l’amour sur les doigts de sa main droite - comme l'affiche le présente - on peut y constater la dualité de la religion, mais aussi y voir une critique sociale.

Mais, ce que j'ai aimé dans ce film, c'est justement la critique sociale qui en découle.

Entre enfants et adultes, on a l'impression que ceux ci sont à égalité, qu'ils cohabitent dans un même monde. Mais ces derniers semblent plus forts que les adultes et le personnage de Powell est tourné en dérision grâce aux ombres et aux jeux de lumière signés Stanley Cortez. La morbidité à laquelle sont violemment exposés les enfants – première scène traumatique du film – est parfaitement illustrée dans l’une des premières scènes du film commentées par Lillian Gish où l’on voit un jeune groupe jouer à cache-cache et finalement découvrir le corps inerte d’une jeune femme. 

John, même pas dix ans, est contraint par les événements d’agir en adulte car ces mêmes adultes qui peuplent l’univers de Laughton sont totalement défaillants, voire démoniaques. Le traumatisme et le cauchemar des enfants Harper, c’est avant tout l’ombre du pédophile, du violeur (le révérend Harry Powell) qui menace continuellement de tuer leur innocence d’un coup de phallus tranchant. 

Filmé du point de vue du petit John Harper, La Nuit du chasseur est une œuvre forte sur la fin de cette innocence qui caractérise – souvent à tort selon Freud – les années de l’enfance. Bien sûr, plusieurs lectures du film sont possibles et c’est ce qui fait généralement la force des films de l’Âge d’or d’Hollywood où la censure exerçait une pression à ce point importante, que les réalisateurs devaient user de stratagèmes ingénieux pour évoquer un sujet alors considéré comme tabou.

Je vous recommande donc ce film.

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Renaud

#Cinéphile D. Chazelle, C. Nolan, G. Ritchie // http://www.myfavoritemoviesandmore.com // #OST H. Zimmer, M. Giacchino, D. Pemberton
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