(Rétrospective) Les Gardiens de la galaxie (Vol. 1 & 2) - James Gunn

Vol. 1 : Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …

 

 

 

Vol. 2 : Musicalement accompagné de la "Awesome Mixtape n°2" (la musique qu'écoute Star-Lord dans le film), Les Gardiens de la galaxie 2 poursuit les aventures de l'équipe alors qu'elle traverse les confins du cosmos. Les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu'ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l'univers Marvel.

Nous sommes en 2014 (année de sortie du premier opus). James Gunn fait son entrée dans le Marvel Cinematic Universe. Conçu à la toute fin des années 60 pour disparaitre petit à petit au cours des décennies suivantes avant de renaître de ses cendres avec une nouvelle équipe en 2008, "Guardians of the galaxy" a au moins le mérite de s'appuyer sur un comic-book peu connu du grand public. Et James Gunn se l'approprie totalement avec un humour, le tout couronné d'une bande son galactiquement Pop ! 

Cependant, "Guardians of the galaxy" reste fortement attaché aux autres productions de Marvel Studios et partage avec elles un scénario prévisible et calibré. 

Dans ce premier volet, on suivait la formation de la nouvelle équipe des Gardiens imaginée par Dan Abnett et Andy Lanning. "Guardians of the galaxy" offre sûrement la plus belle brochette de bras cassés depuis bien longtemps, croquant des protagonistes à la fois drôles et attachants et dont les interactions s'apparentent à de la pure dynamite. La grande force de cette adaptation repose bien évidemment sur eux et sur les interprètes les incarnant, allant de Chris Pratt, impeccable, à Zoé Saldana, parfaite, en passant par un Dave Bautista étonnement bon et surtout, par le duo Groot / Rocket Raccoon, créatures de synthèses incroyablement humaines grâce aux magiciens des effets spéciaux et aux voix de Vin Diesel et Bradley Cooper. Ces deux outsiders sont ce qu'il y a de meilleur dans le film, l'un, végétal au vocabulaire limité, est touchant comme c'est pas permis pendant que l'autre, raton laveur légèrement psychotique ayant subit une poignée d'expérimentations est sans aucun doute le personnage de comics le plus charismatique depuis bien longtemps et, ceci dit en passant, le plus arrogant pour notre plus grand plaisir ! 

Sans se prendre au sérieux une seule seconde et sans prendre les spectateurs pour des abrutis pour autant, la grosse machine de James Gunn se veut un hommage délirant et bariolé aux glorieuses 80's, au space opera à la "Star Wars" ou même "Firefly", à ce savant mélange d'aventures, de fantastique, d'humour et d'émotions qui faisait la joie des spectateurs de l'époque.

Sa mise en scène et l'ambiance délicieusement pop et 80's fait un bien fou, bref, un sacré bol d'air gentiment incorrect porté par une bande son qui déchire. Et puis, un film Marvel qui cite "Footloose" et qui balance du Bowie, du Jackson 5 et du Runaways, on voit pas ça tous les jours. 

Suite directe de "Guardians of the galaxy" premier du nom, "Guardians of the galaxy Vol. 2", revient trois ans plus, le 26 avril dernier dans nos salles française. Toujours sous la houlette de James Gunn (sorti de l'écurie Troma, donc pas le premier yes-man venu), où l'on suit toujours les aventures de Star-Lord et compagnie (nous ramenant à la grande époque des Rocky 2Karate Kid 2 et Back to the Future 2), Guardians of the Galaxy Vol. 2, nous plonge directement au coeur de la bête, par le biais d'un parti-pris assez étonnant pour ce genre de production. Plutôt que de nous asséner une séquence d'action ultra-spectaculaire, James Gunn prend le risque de s'aliéner une partie du public en se concentrant sur quelque chose d'anodin, de puéril, offrant une générique inaugural absolument jouissif et instantanément culte. Et le bonhomme de récidiver plus tard dans le film, pour un résultat tout aussi probant. 

Certes, en terme d'action, on en prend plein les yeux, mais l'utilisation trop abusive des CGI devient rapidement exténuante, tellement ceux ci sont souvent mal utilisés. 

La durée du long métrage y est pour beaucoup (2h20), puisque j'ai eu l'impression de voir la même mise en scène que le premier volet (Cf Yondu et sa flèche), mais je reconnais que cette séquence était plus spectaculaire dans celui-ci. (Surtout celle dans le noir complet). Les enjeux prennent également la même direction, délaissant le grand méchant simpliste du premier film (en gros, je veux être calife à la place du calife et tout péter), pour une apocalypse encore plus WTF (l'univers entier est concerné) et plus intime, la menace étant directement liée au passé du héros interprété par Chris Pratt. Un "mal" parfaitement incarné en la personne de Kurt Russell, à la fois drôle, roublard et charismatique, dont la froide rhétorique reste d'une implacable logique et se pare d'une profondeur insoupçonnée dans des productions calibrées de ce genre.

Un défaut que l'on retrouve tout au long d'un script malheureusement frappé par un certain immobilisme, la liberté de ton et d'action visiblement accordée à James Gunn n'ayant pas que des avantages. Secondé par une autre paire de mains, le metteur en scène aurait peut-être pu avoir le recul nécessaire, évitant ainsi une narration artificielle à base de ficelles grosses comme le poing de Drax.

Constamment sur la corde à force de pousser ses partis-pris dans les extrêmes et n'ayant jamais peur d'en faire trop (que ce soit dans l'humour ou l'émotion), peut-être décevant et moins immédiat que le premier volet, ce deuxième volet manque de renouvellement, mais réussit à rester divertissant...

Grayscale © 2014 -  Hébergé par Overblog